Nutrition: équilibre, plaisir et découverte
La cure de raisin, une mono-diète de saison
Le 07/10/2011 par Anaël Stolz
Spleen automnal, fatigue… Face à la baisse de tonus marquée par l’automne, la mono-diète uvale pourrait être la clé d’un passage en booster vers la saison hivernale.
La cure de raisin (ou cure uvale – de uva : raisin en latin) présente des vertus connues depuis l’Antiquité. Grecs, Romains poursuivaient déjà cette monodiète saisonnière de revitalisation et de détoxication de l’organisme.
Elle consiste à consommer exclusivement du raisin (de préférence cru) sur une période pouvant s’étendre de 3 à 7 jours la première année, jusqu’à 3 semaines pour les initiés. Son but est l’élimination des toxines accumulées dans nos tissus de réserves, s’accompagnant d’un drainage rénal et hépatique.
La période privilégiée pour entamer la cure s’étend de fin août à fin octobre, l’idéal étant le mois de septembre, saison où le raisin est le plus abondant et le plus mûr.
Les perles de ces grappes chères à Bacchus ont une forte teneur en eau, en sucre simple (16 à 18%) et contiennent peu de protéines et de lipides. Ses teneurs en minéraux (potassium, phosphore, calcium, magnésium, oligoéléments) et vitamines (C, A, B1, B2, B5) se situent dans la moyenne de celles des autres fruits mais d’autres constituants (dont les actions spécifiques sur l’organisme restent encore pour la plupart énigmatiques) tels que les acides organiques (malique, tartrique, citrique, pyruvique…), les tanins, anthocyanes, flavines lui confèreraient les propriétés recherchées par la cure (notamment anti-oxydantes : les pigments naturels contenus dans la peau et les pépins renforcent l’action de la vitamine C).
La cure de raisin en pratique
La cure est basée sur la consommation exclusive de raisins (de 1 à 2kg par jour, voire davantage). On recommande de fractionner les prises en 5 à 6 fois par jour (soit toutes les 2 à 3 heures), en mangeant à sa faim. Il est préférable de choisir du raisin bio (afin de limiter risques d’irritations digestives dues aux résidus des produits phytosanitaire) et d’alterner raisin blanc (plus doux mais moins vitaminé) tel que le chasselas et raisin noir (plus tanniques) comme le muscat. En raison de leur peau épaisse, les cépages comme l’Italia et l’Alphonse-Lavallée sont déconseillés. Ces derniers peuvent être irritants pour la paroi intestinale.
Il est important de combiner différentes variétés tant pour stimuler le goût que pour limiter la lassitude. Il est bon de veiller à la pleine maturité du fruit afin d’optimiser ses actions.
Tout au long de la journée, on recommande de boire eau, jus de raisin (100% pur jus) et tisanes sans sucre.
La cure permet de maintenir une activité normale et autorise la pratique du sport à condition d’orienter ses choix vers des activités douces, peu intenses : marche, vélo…
Il est primordial d’envisager de pratiquer la cure à un moment favorable, sans trop de sollicitations extérieures ni de tentations gastronomiques !
Avant de débuter la cure, un petit jeûne préalable est conseillé pour préparer l’organisme. Il consiste à réduire progressivement ses apports alimentaires 2 ou 3 jours avant en limitant les graisses, puis les protéines et les féculents, tout en supprimant alcool, thé, café. Cela revient à respecter le processus de reprise alimentaire, mais inversé.
En effet, en fin de cure, la reprise alimentaire est déterminante et doit être progressive. On estime qu’elle doit s’étendre sur une période équivalant à la moitié de la durée de la cure. Les fruits crus sont à réintroduire en premier lieu, puis les fruits et légumes (crus et cuits), puis les laitages maigres suivis des céréales et poissons et enfin les viandes. D’une manière générale il est important de maintenir une alimentation modérée en graisses animales, fritures et sucres raffinés durant la phase de réintroduction alimentaire.
Quels bénéfices ?
La cure de raisin, parce qu’elle met au repos le système digestif et qu’elle est hypotoxique et dépurative, répond à un processus de drainage et de nettoyage.
Ses bienfaits s’illustreraient par une amélioration des fonctions digestives, du transit intestinal, du sommeil, un nettoyage de la peau (qui fait partie des voies d’élimination), une relance des défenses immunitaires et un effet relaxant.
Outre un bénéfice global sur la vitalité (regain de tonus, dynamisme…), la cure de raisin se montrerait efficace contre de nombreux petits maux quotidiens tels que la constipation, les insomnies, les affections de la peau, la fatigue et l’irritabilité, la nervosité, les céphalées et le nez bouché. Elle permettrait également une diminution des taux de triglycérides et de cholestérol sanguin et aurait une action préventive sur les hémorroïdes, les rhumatismes, et les infections urinaires.
En bref, elle améliorerait l’état de santé général.
Un des aspects prévisibles d’une telle monodiète est la perte de poids. Celle-ci dépend du métabolisme individuel, de la quantité de raisin consommée et de l’exercice physique pratiqué durant la cure. Attention, ce n’est pas le raisin qui fait maigrir mais sa consommation exclusive et insuffisante pour couvrir les besoins énergétiques quotidiens.
Quelques pépins dans la « cure des miracles »
L’élimination des toxines accumulées dans l’organisme et les modifications métaboliques s’opérant durant la cure de raisin peuvent entraîner de petits désagréments tels qu’éruption cutanée, maux de tête, fatigue et frilosité. Il est alors préconisé de boire abondamment et préférentiellement des boissons chaudes (jus de raisin, tisane, eau chaude citronnée).
Une diète sans risque ?
Compte tenu de sa forte teneur en sucre, le raisin consommé en cure est formellement contre-indiqué aux personnes diabétiques. Les monodiètes sont en tous les cas déconseillées aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants et adolescents, aux personnes âgées et aux sportifs, comme à toute personne souffrant de pathologie lourde ou de troubles du comportement alimentaire.
La cure de raisin ne doit en aucun cas faire l’objet d’une pratique au long terme (sous peine de souffrir de carences), ni dans un but d’amaigrissement. Rien ne peut remplacer, en terme de santé, une alimentation équilibrée et diversifiée, en veillant à ce que les apports énergétiques journaliers ne dépassent pas les besoins, associée à une activité physique régulière. Le raisin possède des vertus certes non négligeables, mais si les quantités sont trop importantes et la cure trop longue, cela est forcément au détriment d’autres valeurs nutritives contenues dans les autres aliments, car aucun aliment n’est susceptible de fournir l’intégralité des nutriments nécessaires à l’équilibre alimentaire.
Quoi qu’il en soit, il est conseillé d’en parler à votre médecin qui vous indiquera si cette cure peut vous correspondre et être suivie sans risque.
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