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Fatigue chronique : et si nos bactéries intestinales étaient les responsables ?

Fatigue chronique : et si nos bactéries intestinales étaient les responsables ?

La fatigue chronique peut être un véritable handicap dans la vie quotidienne de ceux qui en souffrent. Selon une étude américaine publiée le 26 avril dans la revue Microbiome, ce syndrome pourrait être lié à un déséquilibre des micro-organismes vivant dans l’intestin.

Tout d’abord, en quoi consiste le Syndrome de Fatigue Chronique ?

L’encéphalomyélite myalgique, couramment appelé syndrome de fatigue chronique, est un état de fatigue persistant et récurrent qui ne disparait pas, même après un repos. Classée comme une maladie neurologique, elle se caractérise par une longue fatigue intense qui n’est pas due à la pratique d’activités physiques.

Ses symptômes se traduisent par des problèmes neurocognitifs, des douleurs articulaires, de la faiblesse musculaire et impossibilité de rester longtemps debout, difficultés à réfléchir, maux de tête, troubles de la vision et de la mémoire, et un sommeil peu réparateur. La cause n’est pas encore tout à fait connue, et il n’existe pas de traitements médicaux spécifiques.

Les femmes sont beaucoup plus touchées que les hommes par cette maladie, qui se déclenche le plus souvent entre 20 et 40 ans. Les médecins recommandent de dormir suffisamment, d’éviter l’isolement et de se détendre régulièrement pour prévenir la fatigue.

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La maladie n’aurait pas une cause psychologique mais biologique

Les dernières études montrent que les personnes touchées par le syndrome de fatigue chronique présentent également un déséquilibre de la flore intestinale, c’est-à-dire, des niveaux inhabituels de certaines bactéries dans les intestins. Cette découverte a justement commencé, lorsque les scientifiques Américains de l’université de Columbia, ont décidé d’analyser les intestins des patients. Car la plupart se plaignaient souvent  de douleurs abdominales et de problèmes gastro-intestinaux.

Grâce aux échantillons de selles et aux analyses de sang, les chercheurs ont diagnostiqué le syndrome de la fatigue chronique chez 83 % des patients. Les résultats ont démontré que leurs bactéries sont moins diversifiées que celles des sujets sains. L’auteur principal de cette étude explique, que la flore intestinale n’est pas normale chez les patients souffrant de fatigue chronique, et a sûrement conduit au développement des symptômes gastro-intestinaux et inflammatoires.

Or nous savons que le tube digestif est justement le logement d’un bataillon de bactéries appelé de façon moderne « Microbiote ». Nous parlons d’environ 100 000 milliards de bactéries appartenant à 1000 espèces différentes. Ces microbes travaillent en permanence pour le bien de notre organisme. Ils agissent directement dans la digestion, la formation du système immunitaire et le fonctionnement du métabolisme.

Mais l’une de leur fonction plus importante, consiste à établir un dialogue entre les intestins et le cerveau. Cependant, ce dialogue est lui aussi perturbé, lorsque la flore intestinale est en déséquilibre.

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Un manque de communication entre l’intestin et le cerveau

Les biologistes américains ont donc constaté que le syndrome de fatigue chronique trouve son origine dans l’intestin. Pour s’en assurer, ils ont analysé les espèces bactériennes présentes dans les échantillons fécaux de 50 malades et de 50 volontaires en bonne santé.

Ils ont découvert ainsi que certaines espèces bactériennes, tels que Faecalibacterium ou le, Coprobacillu, étaient retrouvées beaucoup plus fréquemment chez les sujets atteints du syndrome de fatigue chronique. Les chercheurs de l’étude expliquent que ceux-ci ont un mélange distinct de bactéries intestinales et de troubles métaboliques associés qui peuvent influencer la gravité de leur maladie.

Selon les scientifiques, l’analyse du microbiote intestinal leurs a permis de mieux caractériser la maladie. Le syndrome de fatigue chronique peut impliquer un manque de communication entre le cerveau et l’intestin qui commandent les bactéries. Ils sont convaincus que en identifiant spécifiquement les bactéries impliquées, ils obtiendrons un diagnostic plus précis et donc des thérapies plus ciblées.

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